Vous avez dit diversité ?

Vous avez dit diversité ?

Akli Mellouli le souligne d’emblée, il a du mal avec le mot « diversité ».

Pour cet élu de Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), tête de liste aux prochaines élections municipales, ça ne veut pas dire grand chose : « Nous sommes tous divers, par essence, donc vous parlez des talents de la diversité ou de la diversité des talents ? »

Si Akli refuse cette appellation de candidat « issu de… », c’est assurément parce qu’il milite depuis vingt ans et se présente dans la ville où il est arrivé avec ses parents plus de quarante ans auparavant.

Né en Algérie en 1959, Akli Mellouli quitte avec toute sa famille ce pays cinq ans plus tard, pour rejoindre son père conducteur d’engins dans le 94. Son enfance est plutôt banale, celle d’un enfant puis d’un adolescent plus intéressé par les blousons noirs que par les bancs de l’école. Il entame à 18 ans un BTS de technicien de maintenance, qu’il ne terminera pas. Pour éviter les foudres paternelles, Akli part faire son service militaire, non loin d’Alger. « J’ai découvert une autre planète, en me retrouvant dans un milieu très politisé où tout le monde lisait les journaux français. »

À son retour, Akli a 21 ans, nous sommes en mai 1981 : « On se sentait bien. » Le jeune trublion a mûri et doit trouver un emploi. On lui propose d’animer une colonie de vacances « avec des gamins agités », ce sera le déclic. Un an plus tard, il anime la MJC de Bonneuil, puis poursuit sa carrière d’éducateur à Créteil. Son engagement n’est alors pas uniquement social puisqu’il devient coordinateur d’Equal, un projet européen contre les discriminations au travail, piloté par la CFDT.

Aujourd’hui, Akli Mellouli n’hésite pas à imposer son style : « Mes origines, c’est ce qui me caractérise, pas ce qui me définit. » De son expérience des jeunes, dans des coins sensibles, il tire une vision déterminée de la politique que la France devrait mener avec ses immigrés : « Je voudrais ne plus entendre parler d’intégration, c’est un mot galvaudé, une sémantique stigmatisante. »

Élu depuis 2001, Akli n’est pas pour « une société où l’on mettrait tel ou tel en avant, à promouvoir en fonction de… mais bien de faire tout pour construire un espace où personne n’est laissé à la traîne ».

Ariane Vincent

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