Houellebecq nous prend-il au sérieux?

soumissionJe n’ai pas lu le  dernier roman de Michel Houellebecq. Comme beaucoup j’en connais les grandes lignes et son omniprésence médiatique m’oblige à prendre position non vis-à-vis de son livre mais relativement à ses déclarations.

L’auteur aime choquer et on pourrait même croire que certaines fois tout ceci n’est qu’un jeu pour lui.  Ses acrobaties sémantiques autour du terme d’islamophobie confirmant que l’on a plus le sentiment d’assister à un jeu avec les journalistes qu’à un débat sérieux.

Finalement, une question m’anime, faut-il prendre Houellebecq au sérieux ?

La littérature doit rester un lieu d’expression libre, s’il souhaite fantasmer sur la future islamisation de la République Française, on peut le critiquer, penser que c’est de mauvais goût voire parfois abjecte mais il en a le droit.  De même que j’ai le droit de ne pas acheter son livre et par conséquent de ne pas le lire.

Reste que l’écrivain éclipse le livre et que ses dernières sorties ont encore attisé ce débat usant autour de la compatibilité de l’Islam et de la République, de la probable submersion de « l’identité française » par des hordes d’immigrés qui sont pour la plupart musulmans comme vous l’aurez compris.

Il est inutile de rentrer dans ce débat ridicule et confus car un petit rappel historique serait ici le bienvenu. La France comme l’Italie et l’Allemagne où le livre se vend si bien ont connu une période de terrorisme très dure dans les années 70 qui nous a appris une leçon totalement oubliée aujourd’hui.

Le but du terrorisme n’est pas de renverser un régime par la violence mais de créer le désordre, d’engendrer un régime politique répressif et de devenir un sujet omniprésent dans les médias.

La finalité du terrorisme est d’occuper l’espace médiatique et de créer une société conflictuelle, brutale.  Nul besoin d’en dire plus, se cristalliser avec une telle force autour de la question de l’islam ne fait que nourrir les buts idéologiques du terrorisme.

La fiction n’a certes pas de limites  mais  malheureusement, il en est de même de la bêtise. Cette posture de dandy décadent a peut-être sa place dans les salons parisiens mais ne peut se parer de l’apparence de l’analyse sociologique et politique.

Je n’ai pas lu le livre de Houellebecq mais il semblerait que son héros est un spécialiste de l’écrivain Huysmans. En effet, cet auteur écrivit, A Rebours, véritable bréviaire du décadent mais on oublie de dire qu’il opéra une conversion spectaculaire vers le catholicisme le plus fervent et qu’il considéra la religion comme le seul antidote au désespoir de son siècle.

Finalement une question m’anime, Houellebecq nous prend-il au sérieux ?

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