Entretient bio akli

Entretien le 04/12/2003
Nous avons rencontré Akli Mellouli, militant associatif à l’époque de la marche. Aujourd’hui, conseiller municipal PS de Bonneuil-sur-Marne dans le Val-de-Marne, il nous donne son impression vingt ans après…
1. Quel souvenir gardes-tu de cette période 1983-84 ? As-tu participé à ces marches ?
A l’époque j’étais animateur dans une MJC du Val-de-Marne. On a suivi les événements dans les médias comme la plupart des gens. Pour sensibiliser les jeunes de nos quartiers à ce combat, on a organisé un tournois de football dont la finale a eu lieu au stade Charléty. Un match qui opposa Créteil/Bonneuil à Bondy et dont l’arbitre était Daniel Cohn-Bendit ! Après cela, certains d’entre nous ont participé à la Marche pour l’égalité, celle qui avait eu lieu à mobylette…
2. Quel bilan tires-tu 20 ans après ?
Sur la durée, un élément positif est qu’il y a eu une prise de conscience, l’élément négatif est que l’instrumentalisation a été très rapide. C’est à ce moment que le concept de  » beur  » est apparu. Pour moi, c’est un terme péjoratif parce qu’il suggère un  » entre deux « . Pas tout à faire maghrébien et pas entièrement Français. En outre, à l’époque, on a éludé la question de l’islam. Rien n’a été fait dans le sens d’une sécularisation de l’islam et aujourd’hui, ça nous revient comme un retour de bâton. Un des enseignements de ces vingt ans c’est qu’on a oublié l’universalité. La société n’est pas en capacité d’accueillir ces personnes issues de l’immigration.
3. Entre la tentation communautariste et l’individualisme, comment lutter pour « l’intégration » et garder le sens du collectif ?
On manque cruellement de symboles. Le système lui-même fonctionne mal. Hier la société politique nous victimisait, aujourd’hui elle se justifie, se comportant comme si elle était  » obligée  » de nous intégrer politique. Il faut développer une culture de l’égalité, car les vraies luttes portent sur les inégalités sociales.
Aujourd’hui, les gens veulent choisir leur vie. Il y a un véritable enjeu autour de la notion d’émancipation en même temps qu’on doit reproduire du sens commun pour lutter contre l’individualisme et le repli sur soi.
20 ans après, on attend de la gauche qu’elle abolisse une autre double peine, celle de l’isolement et de la discrimination et qu’elle se batte pour faire triompher une culture de l’égalité.

Bonneuil/
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